Éditorial

Mes chers collègues,

L’ANPAD a organisé un séminaire visant à déterminer les différents points qu’elle souhaite voir mettre en œuvre dans la cadre du SOP.
Concernant l’enseignement de l’Art Dramatique, il a été précisé que l’intégration dans le premier cycle doit commencer à 15 ans pour des raisons physiologiques et psychiques propres à cette discipline.
A ce propos, le président a tenu à rappeler que le cœur du métier de professeur d’art dramatique est avant tout la formation de l’acteur et que cette mission pédagogique appartient essentiellement aux établissements d’enseignement spécialisé, même si l’ouverture aux plus jeunes et au plus grand nombre peut faire partie de cette mission .
Pour ce faire, plusieurs axes ont été dégagés : considérant que l’éveil de l’enfant peut avoir lieu à partir de 6 ans, il pourrait être intéressant de créer un tronc commun de découverte de la musique, de la danse et de l’art dramatique, tronc commun qui ne serait pas obligatoire et se déroulerait sous différentes formes en fonction du projet et des moyens de l’établissement.
Cet éveil concernerait donc la tranche d’âge 6/8 ans.
Il est à noter que se pose ici la question de l’enseignant : c’est un travail spécifique que de s’adresser à de très jeunes enfants et il est donc primordial d’envisager la formation de celui-ci.
L’éveil devrait être considéré comme une sensibilisation à l’art dramatique et non comme un enseignement.
Les différents intervenants ont évoqué la possibilité de mutualiser également les moyens existant sur le territoire, le conservatoire étant garant de la qualité de la diversité des offres.
A partir de 8 ans, viendrait un cycle de découverte de la pratique théâtrale puis une introduction à ces différentes techniques.
Il a été spécifié par les intervenants que cette période hors cursus n’est soumise à aucune évaluation.
Tout ce foisonnement d’idées et de projets confirme le rôle important que l’art dramatique peut jouer dans nos établissements.

 

Martine André
Présidente de l’UNDC

 


 

Mes chers collègues,

Comme nous le savons bien, le monde étant en pleine mutation, le milieu artistique n’échappe pas à la règle et, plus particulièrement, l’enseignement artistique, qui se doit de se remettre en cause en continuant à évoluer. Beaucoup de nos collègues le font déjà avec passion et un désir réel d’engagement qui les honore.

Cependant, cette volonté affirmée ne doit pas faire tomber notre profession dans ce travers typiquement français qui consiste à mettre constamment les choses en opposition. En effet, pourquoi vouloir opposer systématiquement la pratique de la diversité à celle de l’enseignement artistique spécialisé, l’enseignement collectif à l’enseignement individuel, la formation des amateurs à la formation professionnelle ?

Tout ceci semble être au contraire complémentaire et ne peut qu’enrichir la qualité de l’enseignement dispensé dans nos établissements.

Sortons de ce cloisonnement idéologique systématique qui d’ailleurs ne correspond pas à ce qui se fait  en général dans la plupart de nos établissements et qui risque de donner une image manichéenne d’une institution à deux vitesses, comme si nous ne pratiquions pas déjà depuis longtemps cette diversité de l’offre et de l’accueil qui fait la richesse et la tradition  de nos conservatoires.

Quittons enfin  ces clivages qui contribuent à donner jusqu’aux plus hautes instances une idée fausse de nos pratiques, comme nous avons pu parfois le déplorer.

Nous avons tous à y gagner et ce ne serait que la juste reconnaissance de ce qui se pratique déjà  dans nos établissements !

Martine André
Présidente UNDC

 


 

59ème Congrès 2016 de L’UNDC

Le 59ème Congrès de l’UNDC s’est tenu les 5 et 6 février au CRR de Versailles et cette année, en raison de l’actualité brûlante, nous avons tenu à alerter les élus sur les risques multiples du désengagement de l’Etat vis-à-vis des conservatoires.

C’est ainsi que Madame Catherine MORIN-DESSAILLY, Présidente de la Commission Culture du Sénat, Monsieur François de MAZIERES, Député-Maire de Versailles, Monsieur Alain HAYOT, Docteur en sociologie et en anthropologie, délégué à la Culture du PCF, et Patrick BLOCHE, Président de la Commission Culture de l’Assemblée Nationale, ont bien voulu répondre à mon appel.

Leur venue a donné lieu à des échanges fructueux.
A cette occasion, leur ayant fait part de mon vif regret de ne plus voir s’associer à nos débats, comme c’était la tradition à l’UNDC, le Ministère de la Culture, nous avons été heureux de constater qu’en toute dernière minute le Ministère nous a annoncé qu’il participerait à nos travaux du lendemain.

Les échanges ont été très constructifs et ont semblé de bon augure, puisque nous recevions dans la même journée une invitation à venir rencontrer, avec d’autres associations, la Conseillère spéciale du cabinet de la Ministre la semaine suivante.

De plus, je me réjouis de noter que nos débats sont arrivés au bon moment puisqu’hier au Sénat, dans une discussion portant sur le projet de loi CAP, qui doit se poursuivre dans les jours suivants, la Ministre de la Culture, dès sa première intervention, a abordé la question de la réforme des conservatoires, en précisant qu’elle souhaitait un renforcement de la participation de tous les jeunes à la culture grâce à la pratique artistique collective et à la formation des amateurs, offrant ainsi une éducation artistique et culturelle de qualité, ce à quoi nous adhérons pleinement.
J’ai été particulièrement heureuse de remarquer que dans son intervention, la Ministre reparlait bien de l’enseignement artistique spécialisé, notion à laquelle l’UNDC est très attachée et sur laquelle nous avions particulièrement insisté auprès de nos élus lors de ce congrès.

D’autre part, après quelques mois de tractations, nous avons obtenu grâce à Pierre Lemoine, Président de la SEAM, qui est venu l’annoncer lors de notre congrès, des avancées concernant la gestion des photocopies lors des épreuves d’examen et concours, comme : l’autorisation de faire une photocopie lorsqu’il est besoin d’une « page de tourne » ou lors des examens pour les membres du jury. Vous allez recevoir, si ce n’est pas encore fait, un avenant concernant cette convention.

Lors de ce congrès j’ai pu également constater dans nos échanges que nous avions un certain nombre de points communs avec nos collègues membres d’autres associations.
Cela m’a amenée à leur proposer de réfléchir à la manière dont nous pourrions, par une envie commune d’ouverture, envisager de nous regrouper en une seule et même association, riche de ces différences, et d’enterrer ainsi une hache de guerre, vieille de plusieurs années.
Je pense que dans une même association, et c’est souhaitable, différents courants peuvent être représentés et après en avoir discuté avec eux, il me semble que cela va dans le sens de ce que souhaitent nos collègues qui sont de plus en plus nombreux à ne pas vouloir choisir entre une association et une autre, en favorisant par ce choix un combat qui peut paraître parfois fratricide et qui est dommageable pour tous.

Bien entendu, mes chers collègues, ce ne sont que des pistes de réflexion qui devront prendre un certain temps et que je vous soumets, mais je crois que, plus que jamais, il est important de se tourner vers l’avenir avec un regard neuf.

 

Martine André
Présidente de l’UNDC

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