Discours d’accueil du 59° congrès par la présidente de l’UNDC

En tant que Présidente, je suis heureuse de vous accueillir au 59° congrès de l’UNDC.
Je remercie très sincèrement les élus et représentants des différentes formations politiques qui ont bien voulu, malgré leur emploi du temps chargé, participer à notre congrès, preuve que l’enseignement artistique et ses multiples enjeux n’est pas pour vous, Madame, Messieurs, un enjeu mineur, ce qui, dois-je l’avouer, est réconfortant dans une période où nous pourrions être tentés de penser que le devenir de nos établissements; et, à travers eux, le formidable réseau d’enseignement spécialisé que beaucoup de pays nous envient; pourrait être mis à mal.
En cette période particulièrement trouble où nous voyons bien que beaucoup de jeunes sont en perte de repère avec, parfois, les conséquences dramatiques que nous connaissons, nous pensons que, plus que jamais l’enseignement, et l’enseignement artistique en particulier, a un rôle fondamental à jouer. Nous devons veiller à maintenir et à garantir une offre pédagogique attractive et fiable pour nos élèves car, comme le disait la philosophe allemande Hannah Arendt: « C’est justement pour préserver ce qui est neuf et révolutionnaire dans chaque enfant que l’éducation doit être conservatrice ». Cette éducation doit servir de tremplin sur lequel l’enfant prend appui pour avoir les moyens de s’ouvrir au monde, et ainsi, être novateur. En ce sens, les conservatoires s’inscrivent vraiment au coeur des enjeux du 21ème siècle.
Je tiens tout d’abord à remercier Madame Morin-Desailly, Présidente de la Commission Culture du Sénat qui nous fait l’honneur de sa présence, Alain Hayot, Docteur en sociologie et en anthropologie délégué à la culture P.C. qui, me semble-t-il, a remis spécialement un déplacement à Bruxelles pour être parmi nous ce matin, Patrick Bloche, Président de la Commission Culture de l’Assemblée Nationale, qui prendra la parole cet après-midi et enfin, je veux remercier très chaleureusement François de Mazières, Député-Maire de Versailles, pour son engagement fort envers la culture et son soutien bienveillant.
Demain, nous aurons aussi le plaisir de recevoir Pierre-Henri Lemoine, Président de la Chambre Syndicale des Editeurs de Musique qui viendra, entre autres, nous parler des aménagements consentis pour faciliter la gestion des photocopies dans les Conservatoires, et ce, à la demande de l’UNDC. Nous sommes très heureux d’avoir obtenu ces aménagements.
N’ayant pas de représentants du Ministère en dépit de nos très nombreuses sollicitations, ce sera Maître Lienhardt, avocat à la cour, spécialiste de l’action culturelle, qui viendra nous parler de la pertinence des classements.
Merci également à notre cher collègue Bernard Soules, qui a la gentillesse de nous accueillir dans son bel établissement, et qui nous a permis de réaliser ce congrès.
Enfin, je remercie le C.A. de l’UNDC pour sa participation et pour l’aide qui m’a été apportée plus particulièrment ces derniers mois.
Je pense qu’il est important de faire un bilan sur le fonctionnement de nos établissements, de parler de leurs différentes actions et missions, et de sortir de l’image caricaturale encore véhiculée, parfois jusqu’au Ministère de la culture. En effet, lors du groupe de travail initié par celui-ci auquel nous étions présents, nous avons été étonnés par la teneur des 5 axes permettant, selon le Ministère, de redonner du sens à l’engagement financier de l’état.
Nous avons pu constater que beaucoup de préconisations concernant les pratiques pédagogiques innovantes, telles que, le développement des pratiques collectives, le développement des projets en réseau, sont déjà réalisées dans la plupart de nos établissements, et ces préconisations sont même parfois obsolètes comme par exemple; dans le cadre de la diversification de l’offre artistique, la musique assistée par ordinateur; qui est pratiquée dans nos établissements depuis plus de 20 ans et détrônée depuis quelques années par l’avènement du numérique. Quant à la demande de mise en place d’une politique sociale de manière à favoriser l’accessibilité au plus grand nombre, les inscriptions très importantes dans beaucoup d’établissements, ainsi que la mise en place du quotient familial, semblent démontrer que les collectivités tiennent compte des familles les moins aisées, et répondent bien à travers leurs Conservatoires, aux demandes d’ouverture émanant du Ministère.
Jusqu’à présent, nos établissements ont toujours été un référent concernant la pratique artistique, ce qui n’empêche pas, bien sûr, le pluralisme. C’est pour cela que, quelle que soit la diversification des genres, l’UNDC souhaite que la qualité soit maintenue à tous les niveaux. Je rappelle à ce propos que notre ancien ministre, Madame Filipetti, dans une émission récente, redisait son attachement au concept de l’excellence française dans le domaine de la culture.
Pour en revenir au réengagement financier de l’état, nous nous demandons comment les Conservatoires vont pouvoir répondre aux différentes exigences de celui-ci, en conciliant l’enseignement artistique spécialisé, et des missions encore plus élargies comme les arts du cirque, avec encore moins de moyens, puisque ce réengagement n’étant déjà plus que de 4 à 5%, il s’adresserait majoritairement aux Conservatoires adossés aux pôles sup, la partie restante n’étant plus répartie entre les seuls CRR et CRD mais entre tous les Conservatoires, classés ou non, ayant un projet dit innovant. Ce pourcentage correspondrait potentiellement à environ 2000 établissements, et se traduirait inévitablement par un saupoudrage financier.
C’est pour toutes ces raisons que l’UNDC en appelle à la mobilisation de tous pour que nous puissions continuer à exercer dans de bonnes conditions ce métier qui nous passionne tant, et préserver ainsi l’avenir de nos étudiants.
Merci encore, Madame, Messieurs, pour votre présence précieuse, car vous êtes nos représentants et plus que jamais nous avons besoin de vous.

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